Ce qu il ne faut pas faire au vietnam : erreurs à éviter pour un voyage réussi

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Le Vietnam a cette façon bien à lui de vous attraper par le col, puis de vous emmener loin : dans le brouhaha d’un marché couvert, sur une route de montagne où le bitume disparaît sous les scooters, ou au bord d’une soupe fumante avalée sur un tabouret minuscule. C’est un pays magnifique, généreux, parfois déroutant, et c’est justement ce mélange qui fait sa force. Mais comme souvent en voyage, quelques faux pas suffisent à compliquer l’expérience.

Si vous préparez un séjour au Vietnam, voici les erreurs à éviter pour profiter pleinement du pays, sans froisser ses habitants, sans perdre de temps, et sans transformer votre aventure en suite d’imprévus évitables. Le but n’est pas de voyager “parfaitement” — personne n’y arrive — mais de voyager plus sereinement, avec un peu plus de justesse et beaucoup plus de plaisir.

Arriver sans connaître quelques codes de base

Le Vietnam est un pays accueillant, mais comme partout, il existe des usages qu’il vaut mieux connaître avant de débarquer. Le premier piège, c’est de penser qu’un sourire suffit à tout faire passer. Il aide, bien sûr, mais il ne remplace pas un minimum d’attention aux coutumes locales.

Par exemple, on évite de toucher la tête des enfants, de pointer quelqu’un du doigt, ou de s’énerver en public. Dans les zones rurales, les gestes trop expansifs peuvent être mal interprétés. Et puis il y a cette règle non écrite mais essentielle : garder son calme. Le Vietnam se vit souvent dans une forme de douceur discrète, même quand la circulation semble sortie d’un jeu vidéo un peu nerveux.

Un petit effort de politesse, quelques mots de vietnamien comme xin chào pour dire bonjour ou cảm ơn pour merci, et déjà les échanges changent de couleur. On ne devient pas local pour autant, mais on voyage avec plus de finesse.

Sous-estimer les distances et les temps de trajet

Sur la carte, le Vietnam paraît étiré, presque raisonnable. En vrai, les déplacements prennent souvent plus de temps qu’on ne l’imagine. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes : vouloir enchaîner Hanoï, Sapa, la baie d’Halong, Hué, Hoi An, Da Lat, Ho Chi Minh-Ville et le delta du Mékong en dix jours. On n’explore plus, on court après les gares, les aéroports et la fatigue.

Le pays mérite qu’on lui laisse respirer son rythme. Les trains sont parfois lents, les bus peuvent être interminables, et les vols intérieurs, même pratiques, grignotent aussi une partie de la journée. Mieux vaut choisir quelques étapes bien pensées que de collectionner les tampons invisibles de l’épuisement.

Si vous aimez voyager en profondeur, prévoyez des marges. Un trajet annoncé à quatre heures peut facilement en prendre six. Et franchement, dans un pays où un simple arrêt pour une soupe ou un café glacé peut devenir un souvenir, faut-il vraiment courir ?

Boire l’eau du robinet ou négliger l’hygiène alimentaire

Au Vietnam, la street food fait partie du voyage. Elle est souvent délicieuse, toujours vivante, et parfois meilleure que bien des restaurants plus sages. Mais il faut rester un minimum vigilant. Boire l’eau du robinet est à éviter, sauf indication claire, et les glaçons dans les endroits douteux peuvent aussi poser problème.

Ce n’est pas une raison pour se priver de tout. Au contraire, il serait dommage de passer à côté d’un bánh mì croustillant, d’un phở parfumé ou d’un café vietnamien servi avec une lenteur presque théâtrale. En revanche, observez l’affluence : un stand fréquenté par les locaux est souvent bon signe. Les Vietnamiens ne se trompent pas longtemps sur ce qui mérite d’être mangé.

Quelques réflexes simples suffisent :

  • préférer l’eau en bouteille scellée ;
  • éviter les aliments restés trop longtemps à température ambiante ;
  • choisir des stands où la cuisson est visible et rapide ;
  • se laver les mains avant de manger, surtout après les trajets.

Le but n’est pas de voyager avec une paranoïa sanitaire, mais avec un peu de bon sens. Le ventre vous remerciera. Et le voyage aussi.

Mal négocier, ou au contraire refuser de négocier partout

La question du prix est délicate. Dans certains marchés, la négociation fait partie du jeu. Dans d’autres, le tarif est fixe. Faire semblant de ne pas comprendre la différence, c’est s’exposer à quelques moments gênants — pour vous comme pour le vendeur.

Au Vietnam, il ne s’agit pas de “gagner” à tout prix, mais de trouver un accord juste. Si un prix vous semble élevé, comparez calmement. Demandez avec le sourire. Le marchandage agressif, théâtral ou humiliant n’a rien de charmant. Et à l’inverse, accepter sans réfléchir des prix gonflés pour tout et n’importe quoi finit par encourager les abus.

Un bon repère : négociez surtout dans les marchés, pour les taxis non officiels, certains souvenirs ou services non affichés. Dans les restaurants, les cafés, les commerces avec prix visibles, on ne marchande pas. C’est simple, plus élégant, et bien moins fatigant.

Prendre n’importe quel taxi ou moto sans vérifier

Dans les grandes villes comme Hanoï ou Ho Chi Minh-Ville, les transports peuvent être un petit terrain de jeu pour les arnaques. Refuser de vérifier le taxi, monter sans regarder le compteur ou accepter une course “à l’amiable” sans parler du prix à l’avance : voilà comment un trajet banal se transforme en mauvaise surprise.

Privilégiez les compagnies connues, les applications de transport si elles sont disponibles, ou demandez à votre hébergement de réserver pour vous. En moto-taxi, demandez toujours le tarif avant de monter. Oui, même si le conducteur a l’air adorable. Les sourires n’empêchent pas les additions fantaisistes.

Autre point important : dans les scooters loués, la prudence n’est pas un luxe. Le trafic vietnamien a ses propres lois, qui ressemblent parfois à une improvisation collective très inspirée. Si vous n’êtes pas habitué à rouler dans ces conditions, mieux vaut éviter de jouer au pilote local.

Oublier que la circulation obéit à une logique très particulière

Traverser une rue au Vietnam peut intimider au début. Les scooters arrivent de partout, les voitures avancent avec assurance, et le piéton novice se sent vite comme un figurant dans une scène de poursuite. L’erreur classique consiste à attendre qu’aucun véhicule n’approche. Vous risqueriez d’attendre longtemps.

La bonne méthode, c’est souvent d’avancer lentement et régulièrement, sans gestes brusques, en laissant les conducteurs vous contourner. Cela demande un peu de confiance, presque une petite chorégraphie intérieure. Regardez autour de vous, gardez votre rythme, et évitez les demi-tours paniqués.

Dans les campagnes comme dans les centres urbains, le danger vient autant de l’imprévu que du nombre. Un scooter peut surgir d’un trottoir, une charrette peut déboucher d’une ruelle, et un chien peut décider qu’il a lui aussi son mot à dire. Garder l’œil ouvert reste votre meilleur allié.

Afficher un manque de respect dans les lieux sacrés

Le Vietnam possède des temples, pagodes et sites de mémoire qui demandent un minimum de retenue. Entrer en tenue trop légère, parler trop fort, photographier sans réfléchir ou marcher n’importe où dans un espace religieux : ce sont des erreurs évitables, et franchement inutiles.

Dans beaucoup de pagodes, on couvre épaules et genoux. On retire ses chaussures si c’est demandé. On observe les gestes des fidèles avant d’imiter quoi que ce soit. Ce n’est pas une contrainte pesante, plutôt une façon de montrer qu’on est un invité attentif.

Certains lieux ont aussi une charge historique forte, notamment autour de la guerre du Vietnam. Là encore, l’humour facile a peu sa place. Le voyage devient plus riche quand on accepte d’écouter avant de parler, de regarder avant de juger.

Penser que tout le monde parle anglais

Dans les zones touristiques, vous trouverez souvent quelqu’un pour vous aider en anglais. Mais dès qu’on s’éloigne des grands axes, la réalité change vite. Supposer que tout sera compréhensible est une erreur qui entraîne des malentendus, parfois comiques, parfois moins.

Apprendre quelques phrases utiles peut transformer votre séjour :

  • Bonjour : xin chào
  • Merci : cảm ơn
  • Combien ça coûte ? : bao nhiêu tiền ?
  • Je ne comprends pas : tôi không hiểu
  • Oui / non : / không

Ce n’est pas tant la perfection de la prononciation qui compte que l’effort. Souvent, un mot mal prononcé accompagné d’un sourire sincère ouvre plus de portes qu’une phrase impeccable débitée sans chaleur.

Vouloir tout contrôler, tout planifier, tout optimiser

Le Vietnam n’est pas un pays à consommer comme une checklist. Si vous transformez chaque journée en tableau Excel, vous risquez de passer à côté de sa plus belle richesse : l’imprévu. Une rencontre dans un café, une fête de village, un détour par une ruelle où l’on vend des fruits inconnus, un orage tropical qui vous force à vous abriter sous une bâche bleue… c’est souvent là que le voyage prend sa saveur.

Bien sûr, il faut réserver certains trajets, surtout en haute saison. Mais laisser un peu d’espace vide dans l’itinéraire permet de respirer, d’accepter une invitation, de s’attarder devant un paysage, ou simplement de ne rien faire pendant une heure avec un thé glacé à la main. Et c’est parfois dans cette respiration que le pays se révèle le mieux.

Ignorer la météo selon les régions

Le Vietnam n’a pas un seul climat, mais plusieurs. Monter au nord sans vérifier la saison, ou partir dans le sud en croyant que tout sera sec et ensoleillé, peut gâcher une partie du programme. Entre moussons, forte chaleur, humidité lourde et variations d’altitude, il faut préparer son sac avec un peu d’astuce.

Dans le nord, les hivers peuvent être frais, surtout en montagne. Dans le centre, certaines périodes sont marquées par les pluies et les typhons. Dans le sud, la chaleur est souvent constante, mais l’humidité peut être écrasante. Un vêtement léger de pluie, des chaussures qui sèchent vite et une tenue adaptée aux temples font partie des indispensables.

Vérifier la météo par région avant de partir vous évitera quelques grimaces inutiles. Et puis, avouons-le, un voyage humide peut avoir du charme… à condition de ne pas passer votre séjour entier dans des vêtements qui ne sèchent jamais.

Négliger les précautions de base pour son argent et ses affaires

Comme dans beaucoup de pays très fréquentés, il vaut mieux garder un œil sur ses objets de valeur. Téléphone sorti dans une rue bondée, sac ouvert dans un bus, portefeuille facilement accessible : ce sont de petites habitudes qui peuvent coûter cher.

Utilisez une pochette discrète pour les documents importants, répartissez votre argent, et évitez d’exhiber inutilement bijoux, appareils photo ou grosses liasses. Le Vietnam n’est pas un pays où l’on doit vivre sur ses gardes à chaque seconde, mais un minimum d’attention évite bien des ennuis.

Un dernier conseil simple : gardez une copie de vos papiers et notez les numéros utiles. On se sent toujours invincible jusqu’au moment où l’on doit justifier son identité au mauvais endroit, au mauvais moment. Le voyage a ses petites leçons d’humilité.

Voyager au Vietnam, c’est accepter de sortir un peu de ses réflexes, de ralentir parfois, de s’émerveiller souvent, et de faire confiance à ce pays qui a tant à offrir. En évitant ces erreurs fréquentes, vous vous donnez surtout la chance de vivre un séjour plus fluide, plus respectueux et plus vivant.

Et si un imprévu survient malgré tout, tant mieux, parfois. Après tout, les plus beaux souvenirs ne naissent pas toujours d’un plan parfait, mais d’un moment que l’on n’avait pas prévu d’aimer autant.

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