Belle plage à Malte : mon expérience sur les plus beaux rivages de l’île

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À Malte, la mer n’est jamais très loin. Elle apparaît au détour d’une route sèche, derrière les remparts d’une ville ancienne ou au bout d’un sentier bordé de figuiers de Barbarie. Mais l’île ne se résume pas à ses eaux turquoise et à ses cartes postales impeccables. Ses rivages changent de visage selon l’endroit : sable doré, rochers plats, petites criques confidentielles ou falaises plongeant dans un bleu presque irréel.

Lors de mon séjour, j’ai parcouru plusieurs plages de Malte, avec cette idée un peu naïve de trouver la plus belle. Évidemment, l’île a refusé de m’aider. Chaque plage possède son caractère, son ambiance et parfois même son humeur. Certaines invitent à la baignade tranquille, d’autres à l’exploration avec masque et tuba. Voici les rivages qui m’ont le plus marqué, ainsi que quelques conseils pratiques pour profiter de la mer maltaise sans transformer sa journée en épreuve olympique.

Golden Bay, la plage dorée qui porte bien son nom

À l’ouest de l’île principale, Golden Bay est sans doute l’une des plages les plus célèbres de Malte. Et pour une fois, la réputation ne semble pas exagérée. Une large bande de sable blond s’étire au pied de collines couvertes d’une végétation basse. Depuis les hauteurs, la baie offre une vue superbe, surtout en fin d’après-midi lorsque la lumière adoucit les reliefs.

J’y suis arrivé assez tôt, avant que les parasols et les serviettes ne recouvrent chaque centimètre carré de sable. Le matin, l’atmosphère était paisible : quelques nageurs, des promeneurs et le bruit régulier des vagues. L’eau descend progressivement, ce qui rend la plage agréable pour une baignade sans avoir besoin de savoir négocier avec les courants comme un marin chevronné.

Golden Bay est aussi l’un des endroits les plus appréciés pour observer le coucher du soleil. Les derniers rayons embrasent la baie et donnent au sable une teinte presque cuivrée. On comprend alors pourquoi les photographes viennent s’y installer avec une patience de pêcheur. Le spectacle ne dure pas très longtemps, mais il laisse une impression durable.

  • Idéale pour : la baignade, les familles et les couchers de soleil.
  • À savoir : elle est très fréquentée en haute saison.
  • Sur place : restaurants, location de transats et équipements nautiques selon la période.

Għajn Tuffieħa, le charme d’une plage plus sauvage

À quelques minutes de Golden Bay, Għajn Tuffieħa semble appartenir à un autre monde. Pour atteindre le sable, il faut descendre un long escalier. Au retour, les marches se rappellent à votre bon souvenir avec une franchise presque vexante. Mais l’effort est largement récompensé.

La plage est entourée de falaises basses et de collines rocailleuses. Son cadre paraît plus naturel, moins aménagé, même si elle reste connue des voyageurs. Le sable est doux, l’eau claire et l’ambiance généralement plus détendue que chez sa voisine dorée. Je me souviens m’être installé à l’écart, avec un simple morceau de pain maltais et quelques tomates achetées dans une petite épicerie. Il ne manquait qu’un verre de vin blanc pour se croire dans une publicité estivale, avec toutefois beaucoup plus de sable dans les chaussures.

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Les alentours méritent également une promenade. Des sentiers grimpent sur les hauteurs et permettent d’observer la côte sous différents angles. Le paysage est particulièrement beau au printemps, lorsque les quelques touches de verdure contrastent avec la pierre calcaire.

Għajn Tuffieħa convient aux voyageurs qui recherchent une plage agréable sans renoncer à une sensation d’évasion. Prévoyez simplement de l’eau, un chapeau et un peu de courage pour la remontée. Les escaliers ne sont pas interminables, mais ils savent se faire remarquer.

Ġnejna Bay, une parenthèse paisible sur la côte ouest

Un peu plus au nord, Ġnejna Bay m’a offert l’une de mes journées les plus tranquilles. La plage est plus discrète et attire souvent moins de monde que Golden Bay. Elle s’étend au fond d’une baie encadrée par des falaises et des terres agricoles. Le décor possède quelque chose de simple et d’authentique, loin des grandes stations balnéaires.

Le sable y est clair et l’eau généralement limpide. On peut y nager, louer une petite embarcation ou simplement s’allonger en regardant les bateaux se balancer au large. Les amateurs de snorkeling trouveront aussi quelques zones rocheuses intéressantes autour de la baie, même si la visibilité dépend beaucoup de la météo et de l’état de la mer.

Ce que j’ai aimé ici, c’est le rythme. À Ġnejna Bay, personne ne semble vraiment pressé. Un pêcheur range son matériel, des enfants construisent un château de sable qui ne survivra probablement pas à la marée, et les visiteurs profitent du silence relatif. Ce n’est pas une plage spectaculaire au sens théâtral du terme. Elle séduit plutôt par son équilibre et son atmosphère.

Le site est accessible en voiture, mais les transports publics demandent parfois un peu de patience. Si vous voyagez sans véhicule, vérifiez les horaires à l’avance : à Malte, un trajet qui paraît court sur la carte peut prendre une tournure étonnamment méditative en bus.

Ramla Bay, la grande plage orange de Gozo

Pour découvrir certains des plus beaux rivages de l’archipel, il faut prendre le ferry pour Gozo. La traversée depuis Ċirkewwa est rapide, mais elle suffit à changer d’ambiance. Gozo semble plus calme, plus rurale, comme si l’on avait baissé le volume de Malte sans toucher à la lumière.

Au nord de l’île, Ramla Bay impressionne par la couleur de son sable. Il n’est pas simplement doré : il possède des nuances orangées et cuivrées qui tranchent avec le bleu de la mer et le vert des quelques cultures environnantes. La plage est vaste, ce qui permet de trouver un coin tranquille même lorsque la fréquentation augmente.

La baignade y est agréable par mer calme. En revanche, comme sur toutes les plages maltaises, il faut rester attentif aux conditions de vent et aux éventuels drapeaux de sécurité. Les paysages méditerranéens ont beau être magnifiques, ils ne signent pas pour autant une trêve avec les courants.

Au-dessus de la baie se trouve la statue de la Vierge, connue sous le nom de statue de Calypso dans certaines références locales. Le site rappelle les récits mythologiques associés à Gozo, souvent identifiée à l’île d’Ogygie où Ulysse aurait été retenu par la nymphe Calypso. Que l’on croie aux légendes ou non, le point de vue vaut le détour.

  • Idéale pour : une journée complète à Gozo et les longues baignades.
  • À prévoir : de l’eau, de la crème solaire et un moyen de transport pour explorer les environs.
  • Petit plaisir : déguster une spécialité gozitaine après la plage, comme le fromage ġbejna ou une part de ftira.
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Blue Lagoon, une beauté à apprivoiser

Comino et son célèbre Blue Lagoon figurent sur presque toutes les brochures consacrées à Malte. L’eau y est d’une couleur extraordinaire, entre le turquoise, l’azur et le bleu lumineux que les photographies ont parfois du mal à restituer. Depuis une embarcation, le spectacle est saisissant.

Sur place, l’expérience est toutefois plus contrastée. Le Blue Lagoon est très fréquenté en été, particulièrement entre la fin de la matinée et le milieu de l’après-midi. Les bateaux arrivent, les excursionnistes débarquent, les perches à selfie se dressent face à l’horizon : la petite baie peut rapidement donner l’impression d’une gare maritime en maillot de bain.

Pour en profiter davantage, je recommande d’arriver tôt ou de choisir une excursion en dehors des heures les plus chargées. Il est également possible de marcher vers des zones plus isolées de Comino, comme la baie de Santa Marija. Elles sont moins célèbres, mais souvent plus reposantes.

Le Blue Lagoon reste un lieu à voir, ne serait-ce que pour la transparence de son eau et ses fonds marins. Il faut simplement ajuster ses attentes : ce n’est pas une plage déserte, mais un site naturel exceptionnel soumis à une forte pression touristique. Le respect des lieux y est essentiel : pas de déchets, pas de prélèvement de sable ou de roches, et une attention particulière aux herbiers marins.

St Peter’s Pool, une piscine naturelle sculptée dans la roche

Au sud-est de Malte, près de Marsaxlokk, St Peter’s Pool est une formation rocheuse spectaculaire. Ici, pas de plage de sable : les baigneurs s’installent sur des plateformes calcaires et descendent dans une piscine naturelle aux eaux transparentes.

Le lieu attire les amateurs de plongeons. Certains sautent depuis les rochers avec une aisance impressionnante, tandis que d’autres, dont je fais partie, préfèrent descendre prudemment en observant d’abord ceux qui ont manifestement reçu une formation officielle de bouquetins des montagnes. Il faut vérifier la profondeur et l’état de la mer avant de se lancer, car les conditions peuvent changer rapidement.

St Peter’s Pool est particulièrement agréable pour le snorkeling. Les fonds rocheux abritent de petits poissons et offrent une belle visibilité lorsque la mer est calme. Munissez-vous de chaussures adaptées : les surfaces peuvent être coupantes ou glissantes, et les oursins ne sont pas réputés pour leur sens de l’hospitalité.

L’accès se fait par un chemin parfois irrégulier. La voiture facilite les déplacements, mais il est préférable de ne pas compter sur de nombreux services directement sur place. Emportez donc de l’eau, un encas et une protection solaire. Le soleil maltais ne plaisante pas, même lorsqu’une légère brise donne l’impression qu’il a pris sa journée.

Mellieħa Bay, la plage la plus pratique pour une baignade en famille

Également appelée Għadira Bay, Mellieħa Bay est la plus grande plage de sable de Malte. Son accès facile, ses eaux peu profondes et ses nombreux services en font une destination très appréciée des familles.

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La baie est suffisamment vaste pour accueillir les visiteurs sans donner immédiatement une sensation d’étouffement. On y trouve des zones de location de transats, des points de restauration et différents équipements nautiques. Les enfants peuvent jouer dans l’eau peu profonde, tandis que les adultes gardent plus facilement un œil sur eux depuis le bord.

Ce n’est pas nécessairement la plage la plus sauvage ni la plus photogénique de l’île, mais elle remplit parfaitement son rôle. Après plusieurs journées à grimper, marcher et chercher des criques cachées, il est agréable de poser son sac dans un endroit simple et bien organisé. Le voyageur aventureux a aussi le droit à une journée sans carte, sans dénivelé et sans négociation avec un rocher.

Depuis Mellieħa, il est facile de rejoindre le ferry pour Gozo ou Comino. La plage peut donc constituer une bonne base pour explorer le nord de l’archipel.

Les plages rocheuses de Sliema et de la côte nord-est

Malte possède relativement peu de grandes plages de sable. Dans les villes et les zones plus urbanisées, la baignade se pratique souvent depuis des plateformes rocheuses. Sliema, St Julian’s et certaines portions de la côte nord-est offrent ainsi des accès directs à une mer claire, avec des escaliers ou des blocs de pierre aménagés.

Ces endroits ne ressemblent pas aux plages classiques, mais ils ont leur propre charme. Le matin, les habitants viennent nager avant le travail. On s’assoit ensuite sur les rochers avec un café, en regardant les ferries et les bateaux de plaisance traverser la baie. Cette façon de vivre la mer m’a semblé très maltaise : moins tournée vers le bronzage que vers l’habitude, la proximité et le plaisir d’un bain quotidien.

À Sliema, les fonds marins peuvent être intéressants pour une courte session de snorkeling, à condition de rester éloigné des zones de navigation. Il est également recommandé de porter des chaussures d’eau et de vérifier les accès, car toutes les plateformes ne sont pas adaptées aux personnes à mobilité réduite.

Mes conseils pour profiter des plages maltaises

La meilleure période pour se baigner s’étend généralement de mai à octobre. Juillet et août offrent une mer chaude, mais aussi une fréquentation importante et des températures parfois éprouvantes. Juin et septembre représentent souvent un bon compromis : l’eau reste agréable, les journées sont lumineuses et l’atmosphère un peu moins dense.

  • Arrivez tôt sur les plages les plus connues, surtout à Golden Bay, Ramla Bay et Blue Lagoon.
  • Emportez toujours de l’eau : les zones les plus sauvages disposent de peu de commerces.
  • Prévoyez des chaussures adaptées aux rochers et aux accès glissants.
  • Consultez les drapeaux de baignade et évitez de nager lorsque le vent se lève fortement.
  • Utilisez une protection solaire résistante à l’eau et renouvelez-la régulièrement.
  • Ne ramassez ni sable, ni galets, ni coquillages : les paysages maltais sont fragiles.
  • Pour les déplacements, combinez bus, voiture de location, taxis et ferries selon votre itinéraire.

Ce qui m’a le plus touché à Malte, ce n’est finalement pas une plage en particulier. C’est la diversité des manières d’habiter le littoral. On y vient pour nager dans une baie turquoise, plonger depuis une dalle calcaire, discuter avec un pêcheur ou regarder le soleil disparaître derrière une ligne de falaises. Chaque rivage raconte une facette de l’île, entre pierre blonde, sel marin et souvenirs de civilisations anciennes.

Alors, quelle est la plus belle plage de Malte ? La réponse dépendra de votre humeur. Golden Bay pour le coucher du soleil, Ramla pour la couleur du sable, St Peter’s Pool pour les rochers, Għajn Tuffieħa pour le calme ou Blue Lagoon pour l’émerveillement immédiat. Le plus beau programme reste peut-être de ne pas choisir : consacrer plusieurs jours à l’île, laisser la route serpenter entre deux villages et suivre cette lumière qui finit toujours par vous conduire vers la mer.

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